En friperie, beaucoup foncent vers le rayon femme. Bay Garnett fait l’inverse. Cette styliste britannique, pionnière de la mode seconde main, préfère chercher là où personne ne regarde. Son conseil ? Toujours jeter un œil au rayon homme.
Bay Garnett est cofondatrice de l’initiative Oxfam Secondhand September, qui encourage à ne pas acheter de vêtements neufs durant tout le mois de septembre et à privilégier la mode pre-loved.
Pourquoi le rayon homme réserve les meilleures surprises
Bay Garnett ne s’arrête pas aux portants féminins. Elle vise surtout les chemises à boutons du rayon homme. Elle préfère les modèles Oxford ou en popeline, structurés, bleu ciel ou à rayures. Elle raconte avoir vu une chemise neuve hors de prix, puis trouvé l’équivalent parfait en seconde main, côté homme. Portée manches retroussées avec un jean usé ou rentrée dans une jupe en soie, la chemise masculine change tout. Rien à voir avec son allure sur cintre.
Ce regard transversal évite l’achat impulsif du « pull pas cher donc pourquoi pas ». On choisit des pièces qui racontent une histoire. Pour Bay Garnett, l’état du vêtement ne bloque rien : un cuir patiné ou un sweat des années 1970 au tissu délavé peuvent devenir des atouts. L’usure doit juste coller au style voulu. Un bouton manquant ou une couture à refaire ? Pas un problème. Mais elle pose une limite : les taches visibles, c’est non. Inutile d’espérer les faire disparaître à la machine. Elle le répète : aujourd’hui, elle privilégie les sweats vintage et les chemises militaires discrètes des années 1970. Elle achète très rarement du neuf, comme elle l’a confié à The Gloss.
Outre les magasins physiques, Bay Garnett utilise aussi des plateformes numériques comme Vinted et Etsy pour trouver des vêtements pre-loved, ce qui reflète l’évolution du marché de la seconde main vers le digital.
Pour Bay Garnett, la seconde main n’est pas une question de chance. Tout est dans le regard. Oser sortir des sentiers battus, explorer le rayon homme, accepter les petites imperfections, préférer la singularité au prix bas : voilà ce qui fait la différence entre une chineuse avertie et une simple consommatrice d’occasion. Aujourd’hui, 42 % des Français achètent déjà sur des plateformes d’occasion selon l’ADEME. Il est temps d’adopter une vraie stratégie pour transformer chaque trouvaille en signature de style.
Dans un entretien à The Gloss, Bay Garnett note que la revente a compliqué la chasse aux pièces de créateurs comme Yves Saint Laurent ou Ralph Lauren à petit prix. Elle observe aussi que la fermeture de nombreux magasins caritatifs à New York découle en partie de cette évolution du secteur.