Francis Kurkdjian n’a pas hésité. Dès son arrivée à la tête de la création parfumerie chez Dior, il s’est attaqué à un chantier rare : redonner vie à treize parfums qui ont marqué l’histoire de la maison. Le projet s’appelle « Dioriginals ».
La collection Dioriginals est déjà disponible à la vente, avec un prix annoncé entre 142 et 155 dollars pour un flacon de 100 ml.
Deux périodes, treize parfums retrouvés
La collection « Dioriginals » s’articule autour de deux époques. D’abord, « Dior à Grasse » rend hommage aux grands parfumeurs du passé, comme Edmond Roudnitska. « Diorama » (1949) revient avec un jasmin plus puissant. « Eau Fraîche » (1955), portée par Christian Dior lui-même, retrouve ses agrumes et sa bergamote, avec basilic et estragon réintroduits malgré les règles actuelles. « Diorissimo » (1956) célèbre le muguet. « Diorling » (1963) et « Diorella » (1972) complètent ce retour à l’âge d’or de Dior.
La seconde période, « Dior in Paris » (1979-2003), fait revivre des signatures qui ont marqué la fin du XXe siècle. « Dioressence », autrefois surnommé « le parfum barbare de Christian Dior », revient avec une formule ajustée. « Dune », « Dolce Vita », « Dune Homme », « Higher », « Forever and Ever » et « Higher Energy » retrouvent leur éclat d’origine. Mais c’est « Jules » qui frappe fort. Ce parfum masculin, créé en 1980 par Jean Martel, revient avec sa lavande, sa sauge sclarée, son poivre noir et ses bois ambrés. Virilité assumée. Kurkdjian a rééquilibré les épices, les mousses et la fève tonka. Il fallait rendre à « Jules » sa force, perdue au fil des normes du secteur.
Une analyse détaillée de YungMENA liste les treize parfums restaurés : Diorama, Eau Fraîche, Diorissimo, Diorling, Diorella, Dioressence, Jules, Dolce Vita, Dune, Dune Homme, Higher, Forever and Ever et Higher Energy. Près de 80 ans d’histoire. Des créations d’Edmond Roudnitska à celles de Paul Vacher, jusqu’aux signatures de la fin du siècle dernier.
L’initiative Dioriginals a débuté après la nomination de Francis Kurkdjian à la tête de la création parfumerie Dior en novembre 2021. Le travail de restauration des 13 parfums a démarré en février 2022 et s’est poursuivi pendant plus de quatre ans en collaboration avec le studio Dior.
Un flacon, une renaissance
Chaque parfum retrouve le flacon Dior Ovale, design de 1948. Il a été modernisé avec un anneau métallique rainuré, gravé du monogramme CD. Ce choix n’est pas un hasard. Il fallait un écrin à la hauteur de ces monuments. Selon RetailBoss, ce flacon ovale emblématique donne à Dioriginals une allure à la fois patrimoniale et contemporaine. L’héritage visuel de la maison est mis en avant.
Ce retour aux sources s’inscrit dans une tendance plus large. Partout, le patrimoine olfactif est remis à l’honneur. Des reportages récents montrent l’attachement à la tradition parfumée en Europe.
En revisitant ces treize parfums, Francis Kurkdjian ne joue pas la carte de la nostalgie facile. Il rappelle que l’excellence olfactive vit, évolue, demande fidélité et entretien. Pour les passionnés, Dioriginals offre une chance rare : redécouvrir l’ADN de Dior, entre mémoire et modernité. La preuve est là. Préserver l’essentiel, oser la renaissance. Voilà la vraie élégance.