Industrie de la mode

La seconde main s’impose comme un pilier du shopping en France

La seconde main s’impose comme un pilier du shopping en France Soyons Élégantes © soyonselegantes.com
La seconde main s’impose comme un pilier du shopping en France © soyonselegantes.com
Avec 14 milliards d’euros générés en 2024, la seconde main bouleverse les habitudes d’achat et redéfinit la consommation textile, électronique et mobilier en France.

En 2024, la seconde main a franchi un cap en France. Ce marché pèse désormais 14 milliards d’euros hors automobile. Il ne s’agit plus d’un choix marginal. Selon Refashion, la seconde main représente 7,2 % de la consommation totale de vêtements, linge de maison et chaussures. Le secteur ne cesse de croître. En 2025, le marché textile d’occasion atteint 65,4 kilotonnes. C’est 5 % de plus en volume et 6 % de plus en valeur qu’en 2024. Ces chiffres viennent d’une synthèse sectorielle de Refashion.

La tendance ne faiblit pas. En 2025, les ventes d’articles textiles d’occasion progressent de 4,8 % en volume. Le marché atteint 65,4 kilotonnes. Sa valeur grimpe de 6 %. Derrière ces hausses, la consommation change de visage. D’après TF1 Info, la seconde main textile pèse 1,55 milliard d’euros en France. Le prix moyen d’un article d’occasion tourne autour de 8,30 euros. C’est presque le même prix qu’un article neuf d’entrée de gamme, vendu à 8,50 euros.

En 2025, les achats entre particuliers représentent 42 % des volumes et 48 % de la valeur du marché de la seconde main textile, avec Vinted en tête du segment à 27 300 tonnes.

TF1 Info

Des plateformes aux professionnels : la mutation du secteur

La digitalisation a tout changé. Les plateformes entre particuliers ont simplifié la vente et l’achat. La seconde main est devenue accessible à tous. Mais le secteur ne s’arrête plus là. Friperies, enseignes spécialisées dans le reconditionnement, distributeurs classiques et nouveaux espaces dédiés se mobilisent pour répondre à la demande. Refashion observe une forte hausse du segment professionnel B2C entre 2024 et 2025. La seconde main se structure. Elle se professionnalise. Le commerce via l’économie sociale et solidaire compte pour 41 % des ventes de textile d’occasion. Friperies, marchés et rayons dédiés des enseignes pèsent 18 %, selon une analyse du Figaro.

Le phénomène déborde largement le textile. Électronique, électroménager, mobilier, jouets, articles de sport : la seconde main s’étend partout. Pour les ménages, acheter d’occasion ne se limite plus au prix. C’est aussi l’accès à des marques ou des produits autrefois hors de portée. En 2025, le prix moyen d’un article textile d’occasion reste à 8,30 euros. Il frôle celui du neuf d’entrée de gamme. L’offre monte en gamme. La demande aussi. Le marché change vite.

Un défi pour les enseignes traditionnelles et une nouvelle donne pour les consommateurs

Les enseignes classiques doivent s’adapter. Une partie du budget qui allait au neuf part maintenant vers l’occasion. Dans l’habillement, la concurrence se durcit. Il faut composer avec la seconde main, la montée du commerce en ligne et la pression des plateformes à bas prix. Vinted domine. C’est devenu le premier distributeur d’habillement en France. Les achats entre particuliers restent le canal principal. Ils représentent 42 % des volumes et 48 % de la valeur du marché. Vinted pèse 27 300 tonnes en 2025. Le marché a changé de visage.

Refashion indique que la seconde main textile ne représente que 10 % des volumes de la filière, mais génère 25 % des économies de carbone de l’industrie pour seulement 1 % de ses émissions.

Refashion

Les professionnels doivent revoir leur offre. Qualité, prix, services, reprise, réparation, reconditionnement, expérience client : tout compte pour fidéliser. Refashion pointe la traçabilité, la qualité de l’expérience client et la structuration des filières de collecte et de distribution comme axes prioritaires pour continuer à développer le secteur. Rien n’est figé.

La seconde main, levier du pouvoir d’achat et de la consommation responsable

L’occasion aide les ménages à préserver leur budget. Beaucoup de familles y voient un moyen concret de réduire leurs dépenses, surtout lors de la rentrée. Ce n’est plus juste un « bon plan ». La seconde main s’impose comme une habitude durable. Elle influence les stratégies des distributeurs et les choix des consommateurs. Le marché s’est structuré.

La croissance de 4,8 % en volume en 2025 reste solide, même si elle ralentit par rapport aux débuts du secteur. Le cap est franchi. La question n’est plus de savoir si la seconde main va s’installer. Elle est là. Chaque acteur du commerce doit l’intégrer à son modèle. Pour les consommateurs, c’est l’occasion de repenser leur rapport à l’achat, à la qualité et à la valeur réelle des produits. La seconde main s’impose. Elle devient un levier du commerce circulaire et du pouvoir d’achat. Les codes du shopping en France changent vite.

Élodie Marceau Rédactrice mode, shopping et qualité Soyons Élégantes
La Rédaction

Élodie Marceau

Élodie Marceau est rédactrice mode, shopping et qualité chez Soyons Élégantes. Elle s’intéresse particulièrement aux matières, aux coupes, aux finitions, aux marques et à la seconde main, avec une approche pratique qui aide les lectrices à comprendre ce qu’elles achètent et à mieux comparer leurs options.