En 2024, la seconde main a franchi un cap en France. Ce marché pèse désormais 14 milliards d’euros hors automobile. Il ne s’agit plus d’un choix marginal. Selon Refashion, la seconde main représente 7,2 % de la consommation totale de vêtements, linge de maison et chaussures. Le secteur ne cesse de croître. En 2025, le marché textile d’occasion atteint 65,4 kilotonnes. C’est 5 % de plus en volume et 6 % de plus en valeur qu’en 2024. Ces chiffres viennent d’une synthèse sectorielle de Refashion.
En 2025, les achats entre particuliers représentent 42 % des volumes et 48 % de la valeur du marché de la seconde main textile, avec Vinted en tête du segment à 27 300 tonnes.
Des plateformes aux professionnels : la mutation du secteur
La digitalisation a tout changé. Les plateformes entre particuliers ont simplifié la vente et l’achat. La seconde main est devenue accessible à tous. Mais le secteur ne s’arrête plus là. Friperies, enseignes spécialisées dans le reconditionnement, distributeurs classiques et nouveaux espaces dédiés se mobilisent pour répondre à la demande. Refashion observe une forte hausse du segment professionnel B2C entre 2024 et 2025. La seconde main se structure. Elle se professionnalise. Le commerce via l’économie sociale et solidaire compte pour 41 % des ventes de textile d’occasion. Friperies, marchés et rayons dédiés des enseignes pèsent 18 %, selon une analyse du Figaro.
Le phénomène déborde largement le textile. Électronique, électroménager, mobilier, jouets, articles de sport : la seconde main s’étend partout. Pour les ménages, acheter d’occasion ne se limite plus au prix. C’est aussi l’accès à des marques ou des produits autrefois hors de portée. En 2025, le prix moyen d’un article textile d’occasion reste à 8,30 euros. Il frôle celui du neuf d’entrée de gamme. L’offre monte en gamme. La demande aussi. Le marché change vite.
Un défi pour les enseignes traditionnelles et une nouvelle donne pour les consommateurs
Refashion indique que la seconde main textile ne représente que 10 % des volumes de la filière, mais génère 25 % des économies de carbone de l’industrie pour seulement 1 % de ses émissions.
Les professionnels doivent revoir leur offre. Qualité, prix, services, reprise, réparation, reconditionnement, expérience client : tout compte pour fidéliser. Refashion pointe la traçabilité, la qualité de l’expérience client et la structuration des filières de collecte et de distribution comme axes prioritaires pour continuer à développer le secteur. Rien n’est figé.
La seconde main, levier du pouvoir d’achat et de la consommation responsable
L’occasion aide les ménages à préserver leur budget. Beaucoup de familles y voient un moyen concret de réduire leurs dépenses, surtout lors de la rentrée. Ce n’est plus juste un « bon plan ». La seconde main s’impose comme une habitude durable. Elle influence les stratégies des distributeurs et les choix des consommateurs. Le marché s’est structuré.
La croissance de 4,8 % en volume en 2025 reste solide, même si elle ralentit par rapport aux débuts du secteur. Le cap est franchi. La question n’est plus de savoir si la seconde main va s’installer. Elle est là. Chaque acteur du commerce doit l’intégrer à son modèle. Pour les consommateurs, c’est l’occasion de repenser leur rapport à l’achat, à la qualité et à la valeur réelle des produits. La seconde main s’impose. Elle devient un levier du commerce circulaire et du pouvoir d’achat. Les codes du shopping en France changent vite.