Les chiffres ne trompent pas. Le marché de l’habillement recule, mais le e-commerce avance. En 2025, les ventes globales de vêtements et textiles ont baissé de 1,6 % en valeur. Pourtant, les ventes en ligne ont grimpé de 1,2 %. Sur les sept premiers mois de 2026, l’écart se creuse encore : le marché global chute de 1,5 %, mais Internet bondit de 2,6 %.
En 2025, le marché français de la seconde main textile et chaussures a atteint 65 400 tonnes, soit 7,2 % de la consommation totale du secteur.
Deux segments chamboulent la structure du marché : l’ultra fast fashion et la seconde main. Sur la même période, la seconde main dépasse 11 % des achats en volume. L’ultra fast fashion pèse 8 %. Ensemble, ils frôlent 20 % du marché en volume. Les enseignes traditionnelles voient une part croissante des achats leur filer entre les doigts. Les modèles alternatifs séduisent par le prix ou la promesse de circularité. La tendance est nette.
La seconde main s’impose. Les plateformes spécialisées et les initiatives de revente des enseignes historiques tirent ce segment. Pour les acteurs établis, c’est à la fois une menace et une chance de regagner des clients sensibles au prix et à la durabilité. Selon une étude de Refashion, les transactions entre particuliers restent le principal canal de la seconde main en France. Elles représentent 42 % du volume total échangé.
Des rapports de force instables
En 2025, la France a exporté 172 000 tonnes de textile d’occasion, soit une hausse de 3,6 % par rapport à l’année précédente.
Le marché de la mode en ligne reste en mouvement. Les enseignes omnicanales ont encore de la marge. L’e-commerce ne pèse parfois que 5 à 10 % de leur activité. Mais la redistribution des volumes vers l’ultra fast fashion et la seconde main force les acteurs historiques à revoir leur modèle. Sinon, leur part de marché va continuer à s’éroder.
La mutation s’accélère. La mode en ligne n’est plus un simple canal de vente. Elle change les règles. Les enseignes capables de mixer omnicanalité, offre seconde main et adaptation réglementaire peuvent encore tenir. Les autres risquent de décrocher. Chaque euro et chaque clic comptent.