Industrie de la mode

Le e-commerce bouscule la mode et pousse les enseignes à se réinventer

Le e-commerce bouscule la mode et pousse les enseignes à se réinventer Soyons Élégantes © soyonselegantes.com
Le e-commerce bouscule la mode et pousse les enseignes à se réinventer © soyonselegantes.com
Les ventes en ligne montent alors que le marché global de l’habillement baisse. Plateformes, ultra fast fashion et seconde main changent la donne et mettent la pression sur les enseignes classiques.

Les chiffres ne trompent pas. Le marché de l’habillement recule, mais le e-commerce avance. En 2025, les ventes globales de vêtements et textiles ont baissé de 1,6 % en valeur. Pourtant, les ventes en ligne ont grimpé de 1,2 %. Sur les sept premiers mois de 2026, l’écart se creuse encore : le marché global chute de 1,5 %, mais Internet bondit de 2,6 %.

Tout le monde ne profite pas de cette poussée. Les plateformes raflent la mise sur le web, loin devant les sites de marques et les spécialistes de la seconde main. Les géants de l’ultra fast fashion — Shein, Temu, AliExpress — captent 29 % des volumes et 15 % de la valeur du e-commerce d’habillement sur cette période. Leur force ? Des prix cassés. Mais cela limite leur poids en valeur : seulement 3 % du marché total, malgré 8 % des volumes.

En 2025, le marché français de la seconde main textile et chaussures a atteint 65 400 tonnes, soit 7,2 % de la consommation totale du secteur.

Refashion

Deux segments chamboulent la structure du marché : l’ultra fast fashion et la seconde main. Sur la même période, la seconde main dépasse 11 % des achats en volume. L’ultra fast fashion pèse 8 %. Ensemble, ils frôlent 20 % du marché en volume. Les enseignes traditionnelles voient une part croissante des achats leur filer entre les doigts. Les modèles alternatifs séduisent par le prix ou la promesse de circularité. La tendance est nette.

La seconde main s’impose. Les plateformes spécialisées et les initiatives de revente des enseignes historiques tirent ce segment. Pour les acteurs établis, c’est à la fois une menace et une chance de regagner des clients sensibles au prix et à la durabilité. Selon une étude de Refashion, les transactions entre particuliers restent le principal canal de la seconde main en France. Elles représentent 42 % du volume total échangé.

Des rapports de force instables

Les positions bougent vite. En juillet 2026, la part de Shein, Temu et AliExpress dans les achats en ligne tombe à 25 %, contre 29 % en moyenne sur les sept premiers mois. Ce coup d’arrêt coïncide avec l’application d’un droit de douane forfaitaire de 3 euros sur les petits colis venus de pays tiers. Les audiences de ces plateformes plongent sur un an : -36,4 % pour Temu, -42,3 % pour Shein, -10,4 % pour AliExpress selon Médiamétrie//NetRatings. Mais moins de visiteurs ne veut pas toujours dire moins de ventes. Les plateformes internationales savent s’adapter. Elles jouent sur les prix, la logistique ou leur présence en Europe. Rien n’est figé.

En 2025, la France a exporté 172 000 tonnes de textile d’occasion, soit une hausse de 3,6 % par rapport à l’année précédente.

CB News

Le marché de la mode en ligne reste en mouvement. Les enseignes omnicanales ont encore de la marge. L’e-commerce ne pèse parfois que 5 à 10 % de leur activité. Mais la redistribution des volumes vers l’ultra fast fashion et la seconde main force les acteurs historiques à revoir leur modèle. Sinon, leur part de marché va continuer à s’éroder.

La mutation s’accélère. La mode en ligne n’est plus un simple canal de vente. Elle change les règles. Les enseignes capables de mixer omnicanalité, offre seconde main et adaptation réglementaire peuvent encore tenir. Les autres risquent de décrocher. Chaque euro et chaque clic comptent.

Élodie Marceau Rédactrice mode, shopping et qualité Soyons Élégantes
La Rédaction

Élodie Marceau

Élodie Marceau est rédactrice mode, shopping et qualité chez Soyons Élégantes. Elle s’intéresse particulièrement aux matières, aux coupes, aux finitions, aux marques et à la seconde main, avec une approche pratique qui aide les lectrices à comprendre ce qu’elles achètent et à mieux comparer leurs options.