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Une montagne de vêtements usagés s’impose au Festival zéro déchet

Une montagne de vêtements usagés s’impose au Festival zéro déchet Soyons Élégantes © soyonselegantes.com
Une montagne de vêtements usagés s’impose au Festival zéro déchet © soyonselegantes.com
À Argelès-Gazost, une installation monumentale de textiles invendus frappe les esprits. Le Festival zéro déchet pousse à repenser nos habitudes vestimentaires.

Dans le parc thermal d’Argelès-Gazost, une montagne de vêtements s’impose. Impossible de passer à côté. Ces textiles, récupérés mais devenus inutilisables, montrent sans détour l’excès de notre consommation. Pour sa 7e édition, le Festival zéro déchet a choisi de placer ce constat au centre. L’espace public devient un manifeste contre le gaspillage textile.

Le parcours commence dans les rues. Des vêtements suspendus guident les passants vers l’installation, conçue par la Recyclerie La Mine des Gaves. Chaque pièce raconte un cycle : achetée, portée, puis abandonnée. Souvent, il n’existe pas de filière pour les valoriser, ou leur état est trop dégradé. Les chiffres sont clairs. Chaque Français achète en moyenne 20 kg de vêtements par an et en jette 12 kg. La production textile est la deuxième industrie la plus polluante. Selon le magazine du Renault Group, en 2024, la France a mis sur le marché 891 310 tonnes de vêtements, linge de maison et chaussures. Seulement un tiers de ce volume a été collecté pour une éventuelle valorisation.

En 2025, la France a exporté 172 000 tonnes de textiles et chaussures d’occasion, principalement vers l’Afrique (36 %), l’Europe (30 %) et l’Asie (22 %).

Réparer, débattre, prolonger la vie des objets

Autour de la montagne textile, le festival rassemble associations, collectifs locaux et élèves de l’école d’Ouzous. Ateliers et rencontres sont au programme. Mercredi soir, la Villa Suzanne a accueilli un « repair café » textile. La Pléiade, L’Outil en Main, les Libristes Bigourdans et le Collectif Écocitoyen ont montré comment réparer vêtements et sacs. Jeter n’est plus la seule option.

Vendredi, la bibliothèque d’Argelès-Gazost accueille une table ronde ouverte à tous. Le Serin, Court-Circuit, le Petit Théâtre de la Gare et La Sonnante y confrontent leurs idées sur la consommation. Ensemble, ils cherchent des solutions concrètes pour limiter l’impact du textile. À l’échelle nationale, les autorités françaises visent 200 000 tonnes de recyclage interne par an d’ici 2030. Un investissement de 150 millions d’euros doit renforcer les infrastructures industrielles, selon la presse spécialisée.

Seconde main et alternatives responsables

Samedi, le Tiers-lieu d’Azun propose une « install party Linux » pour prolonger la vie des ordinateurs. Il y a aussi une sélection de vêtements de montagne de seconde main. L’idée est simple. Offrir une nouvelle vie à ces pièces, les entretenir, et réduire la pression sur la production neuve. Le marché de la seconde main progresse. En 2025, il a augmenté de 5 % en volume et représente 7,2 % de la consommation totale de textile et chaussures en France, selon Refashion cité par Le Figaro.

Depuis le 1er septembre 2026, la France applique des éco-contributions spécifiques aux plateformes d’ultra-fast fashion, allant de 0,25 € pour les petits articles à 12 € pour un manteau, avec un plafond fixé à 50 % du prix hors taxe de l’article.

Reuters

Le gaspillage textile atteint des sommets. Le Festival zéro déchet met le public face à ses propres déchets. Chaque choix vestimentaire compte. Il ne s’agit plus seulement de consommer moins. Il faut consommer autrement. Réparer, acheter d’occasion, réfléchir à la durée de vie des vêtements. Ce mouvement, porté par des initiatives locales et collectives, devient une nécessité. Pour une garde-robe responsable.

Élodie Marceau Rédactrice mode, shopping et qualité Soyons Élégantes
La Rédaction

Élodie Marceau

Élodie Marceau est rédactrice mode, shopping et qualité chez Soyons Élégantes. Elle s’intéresse particulièrement aux matières, aux coupes, aux finitions, aux marques et à la seconde main, avec une approche pratique qui aide les lectrices à comprendre ce qu’elles achètent et à mieux comparer leurs options.