Dans les rues de Paris, les vitrines de friperies ne désemplissent plus. Les plateformes d'occasion enregistrent des pics de fréquentation inédits. Mariel Néroli, autrice de « Je (re)prends le contrôle », observe que 4 Français sur 10 préfèrent désormais l'achat de vêtements de seconde main à l'achat neuf.
En 2025, le prix moyen d'un article de seconde main en France était de 8,50 euros, soit légèrement supérieur à celui d'un vêtement neuf d'entrée de gamme.
Pour éviter les mauvaises surprises, Mariel Néroli conseille de cibler les grandes marques, surtout le luxe, mais de rester sur ses gardes face aux contrefaçons. Les services d'authentification, souvent payants, deviennent incontournables pour sécuriser ses achats. Elle recommande de demander des photos précises : motifs, fermetures, étiquettes, chaque détail compte. Filmer l'ouverture du colis permet aussi de se protéger contre les fraudes.
Depuis le 1er janvier 2022, la réglementation française impose aux plateformes en ligne de collecter l'identifiant de responsabilité élargie du producteur Refashion auprès des vendeurs ou de déclarer et payer elles-mêmes les volumes concernés.
Pour ceux qui veulent revendre, la transparence paie : indiquer les mesures exactes, décrire honnêtement l'état du vêtement et publier hors saison accélèrent la vente. Ces pratiques transforment une simple annonce en opportunité réelle.
La dynamique ne se limite pas au web. À Pineuilh, une recyclerie de 600 m² propose une solution concrète aux familles à petit budget, comme l'a déjà montré l'essor de ces nouveaux espaces dédiés à la mode circulaire.
Un marché sous surveillance
La seconde main s'impose comme une alternative pragmatique pour consommer autrement. Mais l'essor du secteur exige de la vigilance et une bonne dose d'information. Les conseils de Mariel Néroli rappellent que l'élégance ne dépend pas de la nouveauté, mais du choix avisé des pièces. Pour conjuguer économie et écologie, la seconde main s'installe dans la garde-robe contemporaine.
Les grandes plateformes internationales restent sous contrôle. En 2025, la DGCCRF a constaté que 75% des plus de 600 produits testés sur ces sites ne respectaient pas les normes européennes, et 46% étaient à la fois non conformes et potentiellement dangereux. Le régulateur précise que ces contrôles ciblaient surtout des catégories à risque élevé et ne reflètent pas l'ensemble du secteur. Plus de détails dans l'enquête de la DGCCRF.