Trois ans de travail et des milliers de formules d’essai ont mené Guerlain à une nouvelle teinture d’iris pour sa variation contemporaine de L’Heure Bleue, selon un reportage sur sa création. La maison conserve l’icône et en allège la matière.
Jacques Guerlain a créé le parfum en 1912, après un soir d’été sur le Pont-Neuf à Paris. Il rendait hommage à son épouse Andrée. Commercialisé aujourd’hui sous le nom de L’Heure Bleue 1912, le classique garde ses accords d’anis et d’iris. La violette y accompagne la vanille.
L’Heure Bleue 1912 appartient à une génération de parfums Guerlain créée au moment où les ingrédients synthétiques se développaient en parfumerie. Cette évolution a permis de composer des senteurs abstraites, au-delà de la seule imitation des odeurs de la nature.
Une fraîcheur minérale autour de l’iris
Un accord ozonique ouvre la composition, avec une impression d’air frais et une minéralité qui persiste sur la peau. La fleur d’oranger et l’iris apportent ensuite lumière et relief. En fond, la vanille enveloppante et boisée s’associe à l’ambroxan pour créer un effet ambré de seconde peau.
Pour élaborer cette matière, Delphine Jelk et ses équipes ont sélectionné un iris d’Italie. Ils en ont développé la teinture par macération d’une matière naturelle dans l’alcool, un procédé employé de longue date par la maison. Guerlain associe ici deux formes d’iris : le beurre et une teinture préparée à partir des rhizomes.
Delphine Jelk présente la nouvelle composition comme une manière de « projeter de la lumière » sur L’Heure Bleue 1912, et non de la remplacer. Elle voulait évoquer le « parfum du ciel » tout en évitant un iris trop poudré.
Un flacon entre mémoire et nouveau langage
Le contenant rechargeable reprend un détail du flacon de 1912 conçu par Georges Chevalier : le cœur inversé du capot. Le dégradé de bleus et les lettres dorées donnent à cette version une identité visuelle distincte.
Guerlain a présenté le lancement dans son magasin du 68, avenue des Champs-Élysées. Une zone dédiée y accompagnait la nouveauté, ainsi qu’un objet de collection en édition limitée signé Begüm Khan, selon le compte rendu du lancement parisien.